Culture locale et patrimoine de la ville de Gujan-Mestras
Gujan-Mestras, ville riche de vestiges historiques et de traditions locales, voit son identité profondément mêlée à ses éléments culturels et patrimoniaux. De la préhistoire à l'époque moderne, Gujan-Mestras a été une toile sur laquelle les différentes époques ont laissé leur empreinte.
Avec ses 7 ports le long de sa façade maritime, les nombreuses exploitations ostréicoles, le lycée de la mer, les cabanes traditionnelles et les dégustations d’huîtres, Gujan-Mestras est la capitale de l’ostréiculture du Bassin d’Arcachon.
L'Ostréiculture
L'huître et le Bassin d'Arcachon ont une longue histoire commune. Pendant des siècles, les habitants du Bassin ont consommé l'huître qu'ils n'avaient qu'à cueillir tant il y avait de bancs naturels ici. Considérés comme inépuisables, il n'y eut aucune réglementation : chacun pêchait librement. Jusqu'au jour où la disparation des bancs débuta. Après quelques tentatives de réglementations, une nouvelle culture naquit : l'ostréiculture.
Les Romains étaient de grands consommateurs et les faisaient venir de Gaule dont les rivages étaient bordés de bancs d’huîtres naturels.
On peut cependant se demander comment ils pouvaient leur faire faire un tel voyage sans réfrigérateur ! Pour palier à ce problème, ils avaient instauré « la route des huîtres ».
Ils faisaient alimenter en eau de mer des viviers (à Clermont, Poitiers, Saintes, Jarnac…) qui étaient destinés à stocker les huîtres lors de leur voyage vers Rome. Ainsi elles arrivaient vivantes et fraîches à Rome.
Cependant cela donna une idée au romain Sergius Orata, vers 100 av. JC. Il conçut des bains suspendus et aménagea des viviers alimentés par les eaux du lac Lucrin pour en faire culture. Sergius Orata est le premier Romain qui eu l’idée d’en faire culture.
En Chine aussi, ils connaissaient l’ostréiculture puisqu’ils entaillaient des bambous sur lesquels ils mettaient des coquilles, qu’ils disposaient ensuite en mer afin que les larves d’huîtres viennent s’y fixer.
Mais toute l’activité ostréicole a été détruite par les invasions barbares du 5ème siècle.
Comme les côtes françaises regorgent de bancs naturels, il n'y avais plus qu'à faire de la cueillette. On n'a donc pas cherché à retrouver cette activité ostréicole. De plus, le Moyen-Age laissant peu de place aux coquillages et aux poissons dans la gastronomie, la demande était moins grande et la cueillette suffisait amplement.
A la Renaissance, de nombreux marchands d'huîtres firent leur apparition à Paris, ville qui faisait une grande consommation d'huîtres à cette époque.
Sous Louis XIV, les huîtres vertes connurent leur apogée alors que les claires s'étaient généralisées à Marennes.
A partir du 18 siècle, la production augmenta prodigieusement. Leur commerce étant très rentable et la demande grandissante, la première moitié du 18ème siècle est synonyme de pêche abusive. De plus ils pensaient à cette époque que les bancs d’huîtres naturels étaient inépuisables et par conséquent il n'y avait besoin d’aucune réglementation.
Le 19ème siècle sera un siècle clé pour la naissance de l'ostréiculture, notamment grâce à Napoléon III.
L’idée de « parcs » est soumise pour la première fois en 1849 dans un règlement. Ces parcs auraient alors pour but de mettre l’huître à l’abri des prédations et ainsi elle « pourrait parvenir à l’âge adulte et répandre son frai dans un milieu spécialement aménagé et favorable à son développement ».
Les parcs se multiplient un peu partout sur le littoral Atlantique, mais également en Méditerranée, avec des techniques toujours plus perfectionnées.Les anciens pêcheurs deviennent alors des ostréiculteurs !
Deux événements majeurs vont marquer l'ostréiculture :
• l'huître plate, victime de deux épizooties en 1968 et 1980, est encore loin d'avoir retrouvé son niveau de production ;
• la disparition en 1970 de l'huître portugaise, Crassostrea angulata, remplacée par la Crassostrea gigas, dite japonaise.
Pour tout connaître sur l'ostréiculture et le métier d'ostréiculteur : La Maison de l'Huître
Situé sur le Port de Larros, la Maison de l'Huître, musée ostréicole, a été créée par des ostréiculteurs afin de faire connaître leur métier et promouvoir le Bassin d'Arcachon, important centre naisseur pour les huîtres.

Les 7 Ports
Le Port de la Hume
Alimenté par le Canal des Landes qui se jette dans l’estey de la Hume, le port de la Hume voit l’implantation de quelques cabanes de marins dans la deuxième moitié du XIXème siècle.
Les transformations du port aboutirent en 1959 à la création d’un terre-plein central sur lequel s’établirent 27 établissements ostréicoles, et d’une darse qui deviendra dans les années 1984-1985 l’actuel port de plaisance.
Le Port de Meyran
Etabli en bordure de l'Estey de Meyran, il ne fut pendant des années qu'un port d'échouage. Voué à la pêche et à l'ostréiculture, le port de Meyran servit de terminal, de 1919 à 1935, à la ligne de chemin de fer Decauville, par laquelle étaient acheminés les poteaux de mines provenant de la forêt girondine et landaise. Les poteaux étaient alors chargés sur des barges tirées par deux remorqueurs assurant une rotation jusqu'aux cargos devant Arcachon, en partance pour l'Angleterre.
Le Port de Gujan
Ce port fut longtemps un port d’échouage établi sur les rives du ruisseau de Gujan qui va se jeter dans l’Estey de Larros.
En 1883, des travaux d’amélioration prévoient le creusement d’une darse. Les terres provenant du creusement servent à la création de terres-pleins où s’établissent de nombreuses cabanes pour l’ostréiculture.
Implanté sur ce port en 1843, l’établissement des Bains gujanais, connaît un très grand succès durant près de 70 ans.
On accédait alors aux cabines par une passerelle longue de 450 m.
Le port appelé un moment « port de la passerelle » tire donc son nom de ce fameux établissement.
Le port de Gujan fut également un port sardinier très actif comptant plusieurs conserveries.
Le Port de Larros
En 1883 et 1884 une darse de 110 m de long est creusée et un terre-plein édifié. Le talus intérieur se prolonge par une jetée, terminée en son extrémité par la Croix des Marins, érigée en 1891.
Entre les deux guerres, Larros est un port de pêche important qui arme les bateaux pour la pêche à la sardine, abondante dans le Golfe de Gascogne.
Plusieurs conserveries s’installent alors au voisinage des ports gujanais.Les sardines, migrant vers l’Espagne et le Maroc, les usines ferment progressivement.
Le port de Larros est également un site de construction navale reconnu. Fourton, Dubourdieu, Pradère, Lapeyre…toutes sortes de bateaux sortiront de ces chantiers : pinasses ostréicoles, sardinières, pinassottes…
Aujourd’hui, le chantier naval COUACH est le premier constructeur français de yachts. Cette haute technologie du XXIème siècle côtoie toujours sur le port, le chantier Dubourdieu, virtuose de la construction traditionnelle qui redonne vie aux pinasses et autres embarcations traditionnelles.
Avec la Maison de l'Huître, ses cabanes ostréicoles pour la dégustation, le port de Larros est un site touristique très apprécié.
Le Port du Canal
A l’origine, ce port a été creusé par des colons de la Compagnie Ouvrière de Colonisation des Landes de Gascogne, afin de construire la digue qui menait à l’établissement de bains de Mestras, vers 1850.
Large de 10 mètres, il avait une structure similaire à un canal d’où son nom.
Avec le développement de la pêche et de l’ostréiculture, il fut transformé en port, avec la construction d’une darse ainsi que d’un bassin de chasse, permettant d’avoir un flux permanent d’eau afin d’éviter l’envasement.
Un second port à l’Ouest a permis aux ostréiculteurs, en même temps que la création d’un complexe ostréicole important, de pouvoir commercialiser leur produit en toute sécurité.
Le Port de la Barbotière
En 1925, alors que le site est occupé par une dizaine de cabanes de pêcheurs, Jean PARSON construit un abri pour « les amateurs de bain froid ».
Très vite l’établissement, baptisé « La Barbotière » connaît un grand succès et devient un lieu de fête avec salle de danse et buvette.
En 1934, la guinguette ferme mais le nom de « Barbotière » reste et désigne encore aujourd’hui ce port qui auparavant, s’appelait « Port de Mestras ».
Equipé de complexes ostréicoles modernes, l’activité du port de la Barbotière est très importante. Le Lycée de la Mer, construit en 1991, forme chaque année de nombreux jeunes à tous les métiers de la mer et notamment à la conchyliculture.
Le Port de la Mole
Bordé par les réservoirs à poissons, ce port n’est plus en activité car il n’a jamais été dragué et reste très difficile d’accès.
De l’ancien moulin à eau présent sur ce port, vous ne trouverez plus aujourd’hui que les vestiges d'une meule longtemps exposée aux vents et marées au milieu des prés salés.
Ce port fut donc baptisé logiquement la Mole qui en Gascon signifie la Meule …
Le Lac de la Magdeleine
Situé au milieu d'une forêt de pins, ce lac est idéal pour une promenade familiale.
Autour du lac se trouve une aire de jeux, une promenade à dos d'âne, des tables pour pique-niquer.
A la tombée de la nuit le lac se métamorphose, et s'habille d'un halot de couleurs bleu, blanc, vert, jaune... mettant en scène son plan d'eau, son île et la végétation environnante.
La Plage de La Hume
Au coeur du quartier touristique de La Hume, à proximité immédiate du port de plaisance, cette plage jouit d’une image familiale.
Bordée de tamaris et de pins francs, la plage offre une vue panoramique imprenable sur le Bassin d’Arcachon.
Ce site est également un spot réputé pour lles amateurs du kite surf
Le Sentier du Littoral
Reliant les 7 ports de Gujan-Mestras, le sentier du littoral vous permet dans un environnement naturel préservé de faire une balade étonnante aux contours changeants selon l'amplitude des marées, de découvrir des points de vues panoramiques et de faire des rencontres authentiques.