Laurent et Virginie reprennent la plus ancienne école de conduite de la Teste en élargissent l'offre, et la modernise

BAG : bonjour à tous les deux. Il est coutume de se présenter avant de rentrer dans le vif du sujet. Honneur à la dame ?
Je m’appelle Virginie Doussinet, je suis née rive droite à Bordeaux. J’ai passé 25 ans dans l’hôtellerie- restauration dont mon dernier poste sur le bassin d’Arcachon à l’hôtel « côté sable » au Ferret au sein duquel je m’occupais de la réception et de la conciergerie. Dans un établissement comme celui-ci, il faut faire preuve de réactivité pour faire plaisir à ses clients.
Moi je m’appelle Laurent Laugé, je suis le local de l’étape. Né à Arés, je suis issu d’une famille Ferret Capienne, presque à l’époque où le bois de la forêt usagère touchait celui du pays de Buch (lol).
Après avoir suivi des études de droit et de commerce, je suis parti travailler en Savoie, dans une station de ski, au « domaine des pressings », dans une entreprise familiale. J’ai appelé ma fille Océane, je pense que c’était pour ne pas oublier de revenir à mes origines au plus vite. Je suis revenu sur le bassin en 1999, sans projet précis, mais avec l’envie de donner à mes enfants le même cadre de vie que celui de mon enfance. Même si je n’avais pas de moyen financier, j’avais des idées et je me suis dit on verra bien. J’ai fait différents jobs alimentaires qui au final dans mon métier d’aujourd’hui m’ont amené une expérience importante, dont celui de formateur funéraire dans toute la France. De fil en aiguille, comme j’avais des accointances dans la formation, j’ai décidé de m’orienter vers une formation auto-école.
Du coup Virginie, vous avez copié sur Laurent ?
Virginie D. : Oui on peut voir ça comme ça c’est vrai. J’avais travaillé dans une auto-école comme assistante et je ne pensais pas y revenir un jour.
Quand Laurent a fait sa formation je m’y suis intéressée et j’ai pu me lancer. J’ai fait ma formation chez Feu Vert Formation à Pessac et plus tard ils m’ont proposé d’intégrer l’équipe.
BAG : Vous voilà tous les deux moniteurs. Le projet de monter votre propre auto-école était-il déjà dans les tuyaux à ce moment-là ?
Alors commençons bien (rire) !!! Nous ne sommes pas « moniteurs » même si c’est le mot employé en général. Un moniteur est plus adapté pour une colonie de vacances. Nous, nous enseignons ou formons à la conduite, ce qui fait plus sérieux, sachant qu’après il faudra que le nouveau titulaire du permis se débrouille seul sur la route. Pour revenir à votre question, je travaillais en tant qu’auto entrepreneur, avec des missions de remplacements sur deux ou trois structures et en parallèle je suivais une formation moto. Le centre Feu Vert de Pessac cherchait un formateur BE pour les remorques et je pense que le hasard fait bien les choses. Rejoindre l’équipe de Pessac allait nous ouvrir les portes pour la suite de notre aventure.
BAG : Il y a quoi de si particulier à Pessac ?
Le directeur est monsieur Thierry Guinot, le fils de monsieur Guinot, la famille fondatrice des auto-écoles Feu Vert le 2 mai 1968. Il va très vite nous proposer de reprendre la première agence que son père a créée sur la Teste de Buch. Il souhaitait vendre mais voulait un repreneur qui garde l’âme de cette agence.
BAG : Reprendre une entreprise avec autant de notoriété semble facile.
Voilà, ça semble facile !!! Plus sérieusement ça aurait pu, mais le jour où Monsieur Guinot l’annonce, un employé, qui lui était prioritaire, se positionne pour la reprise. On est comme sur l’attraction des montagnes russes, première désillusion. Par chance pour nous, ça n’a pas abouti. La deuxième désillusion est l’arrivée de la covid 19 qui va encore nous retarder, mais on arrivera au bout du projet et on rachète en 2020. Donc, facile, je ne dirais pas ça comme ça. Par contre, reprendre une entreprise familiale telle que celle -ci a des avantages sur le plan humain qui sont chouettes. Nous avons souvent les grands parents ou les parents qui viennent inscrire leur enfant parce qu’eux aussi ont passé leur permis dans cette auto-école. On le sait, le choix se fait à 90% au feeling et c’est très agréable de récolter encore le travail fait il y a 20 ans. Les générations qui sont venues passent et Feu vert reste...pas mal pour un slogan publicitaire !!! Nous avons un suivi et c’est pour ça qu’on développe tous les permis, pour nous permettre d’ accompagner les gens durant toute leur vie de conducteur quel que soit le véhicule.
BAG : On doit être tenté de ne rien changer, puisque c’est une histoire qui roule depuis des années.
Oui c’est vrai mais on s’est posé la question malgré tout. Les moyens d’apprentissage ont énormément évolué et donc de suite on a voulu mettre notre pâte en amenant de nouveaux outils et surtout compléter l’offre à tous les permis sauf le bateau et le PL, et on a brulé les cahiers de caisse !! Non je rigole. On modernise le logo pour une visibilité auprès des plus jeunes, les moyens et le matériel. L’investissement a été conséquent entre les motos, la remorque et le simulateur. C’est vraiment un outil performant et moderne. Il permet de mettre en place les premières heures de conduite afin de se familiariser avec le poste de conduite, le volant, la boîte de vitesse et mettre en place une forme de logique de l’ordre dans les actions, sans faire craquer la boite de vitesse, en toute sécurité et au calme….

BAG : Si on veut lister les possibilités pour venir vous voir, ça donne quoi ?
Les débuts se font avec le BSR, puis le permis AM 125 en moto ou scooter, ensuite le permis A1 , A2 , A pour commencer, et ensuite la formation après les deux ans pour obtenir ce qu’on appelait avant le permis toute catégorie. Il existe un nouveau permis, le B1, pour une voiture avec une puissance moindre, un genre d’équivalent 125 mais sur 4 roues qu’on peut passer à 16ans, et bien entendu le permis voiture, le B, classique et en conduite accompagnée à 15 ans et également le permis BE pour les remorques. Permis boîte automatique aussi. On a aussi cette nouvelle clientèle qui revient chez nous après une punition, ou des fois des personnes qui nous sont envoyées pour un diagnostic demandé par un médecin. Bon en général ils ne sont pas très contents (lol).
BAG : Qu’est ce qui a changé entre le moment de votre passage du permis et aujourd’hui ?
J’avoue que je n’ai aucun souvenir de mon permis. Le constat d’aujourd’hui est que les transports en commun ont changé la donne. Autrefois, le permis de conduire, c’était le graal dès 18 ans pour pouvoir s’échapper. Maintenant ils ont d’autres moyens de transport et du coup le permis n’est plus une priorité. Mais sinon, sans hésiter, les aides et les nouvelles technologies qui aident beaucoup, peut-être même un peu trop. Les différentes possibilités également, par exemple le permis B1 à 16 ans pour une voiture, et bien sur la refonte complète du permis moto avec un code spécifique 2 roues et un permis scindé en deux avec une puissance maxi pendant deux ans d’apprentissage, ce qui n’est pas mal pour se faire la main.
BAG : En tout cas le coût lui n’a pas baissé.
En même temps, nos politiques promettent des permis moins chers, mais je ne vois pas comment c’est possible car on a de plus en plus de contraintes et d’obligations. Et qui dit contraintes dit coût, donc contradictoire avec une baisse du prix. Prenons un exemple. Les gens viennent en pensant que c’est 20h, mais non, les 20h c’est le minimum requis et beaucoup ont besoin de plus d’heures. Pour une personne entre 18 et 20 ans la moyenne est de 32h. C’est une moyenne nationale qui bien sûr descend pour ceux qui ont la conduite accompagnée, les 20h ont déjà été faites et on y rajoute quelques heures pour corriger les défauts même s’il n’en faudrait pas (des défauts) …
BAG : Allez, j’ai 15 ans et je veux venir m’inscrire, ça se passe comment ?
Vous avez beaucoup de cheveux blancs pour 15 ans mais ça va bien se passer !! On fait une évaluation, quel que soit l’âge, sur simulateur, pour les 4 roues. Après on entame la partie pratique quand vous aurez le code. Pour le code, fini les diapos, vive le numérique. On vous donne un accès internet, on a la possibilité à distance de faire un point avec vous et voir les items pas bien compris, ou au contraire ceux que vous maitrisez, pour vous donner des axes de travail différents et pour l’inscription à l’examen on attend que vous ayez vous déjà fait des examens blancs et le nombre de fautes.
La covid 19 à tout chamboulé en ce qui concerne le présentiel. On réfléchit à mettre en place des nouvelles solutions, pourquoi pas des séances en visio pour éviter toujours ce fameux présentiel.
BAG : Le permis n’est-elle pas la seule formation pour laquelle j’ai la sensation que dès qu’on obtient l’examen on s’autorise à mettre tout ce qu’on a appris à sa sauce ?
Personne ne vient pour apprendre à conduire mais pour avoir son permis. Beaucoup de gens pensent que le permis est un dû et bien non, le permis se travaille. On ne les prépare pas à un examen mais à une vie de conducteur. Déplacer un véhicule ce n’est pas de la conduite, on perd très rapidement les savoirs et les savoirs faire. La conduite est un mime, du coup on entend souvent « mais mon père fait comme ça », oui mais non. Donc vous avez raison, sitôt sortis de nos bons engagements ils font ce qu’ils voient et des fois ça passe mais pas tout le temps. Il ne faut pas oublier les chiffres, ce sont les jeunes (18-24 ans) qui sont les plus touchés par les accidents que ce soit en 2 ou 4 roues.
Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?
L’équipe est jeune et dynamique, je ne suis pas encore écœuré ni blasé. C’est un métier en voix d’expansion, toutes les autos écoles cherchent un formateur, donc peut-être comme mon prédécesseur, avoir plusieurs antennes pour que mon idée de l’apprentissage de la conduite fasse plein de petits. Et si je pouvais réaliser un rêve, que les gens aient une conduite avec discernement et une conduite intelligente.




ECOLE DE CONDUITE FEU VERT 2.0
5, rue Pierre dignac 33260 la Teste de Buch
05 56 66 37 04