Matthieu et quentin le club de plage LES MARSOUINS
Nous n’aurions pas pensé que cette période si particulière aurait fait germer autant d’envies. Nous voici en face de Mathieu et Quentin qui ont profité du premier confinement pour imaginer un projet hyper ambitieux, avec du partage et de la bienveillance, tout ce qu’on aime, surtout en ce moment.
BAG : Salut les gars en quelques mots pour ceux qui ne vous ne connaissent pas présentez-vous, allez, on va dire en 2 mots ?
QR : Bonjour, Quentin Roy. Ah mince ça fait 3 mots !!! Je peux continuer quand même (rire) ?? J’ai 28 ans, je suis arrivé à Gujan à l’âge de 3 ans, rugbyman à Gujan depuis mes 5 ans. J’avais envie d’apprendre et de transmettre, d’où mon investissement pour les jeunes avec le SBAR. Passionné par le sport, j’ai obtenu un BPJEPS APT (Activité Physique Pour Tous) et je viens de valider un BPJEPS des métiers de la forme. Je suis éducateur sportif depuis plusieurs années, j’ai travaillé chez CAP 33 en tant que responsable et animateur sur la commune de Lanton et sur la Teste en tant qu’animateur. Si je devais sortir du cadre pro, on va dire que j’aime profiter du milieu qui m’entoure.

ML : Bonjour, Mathieu Lapeyrere, 35 ans, célibataire, je peux le dire ça ?? au cas où le magazine soit beaucoup lu…Plus sérieusement, je suis né à arcachon, j’ai effectué mes études de commerce au Lycée Condorcet, j’ai été élève et moniteur au Club des Marsouins de tonton Gérard, une institution sur Arcachon. Malgré une famille de rugbymen, je suis tombé amoureux du ballon rond et je me suis tourné vers le foot.
J’aime profiter de la nature sur le bassin, je ne me lasserai jamais de regarder le coucher de soleil et me rappeler la chance que j’ai de vivre et de travailler là où les gens viennent en vacances.

BAG : Bon, maintenant que les présentations sont faites, parlez-nous de votre projet.
ML : Il est finalement très simple. En mars, pendant le confinement, je me posais la question sur ce que je pourrais faire demain, et j’ai appris que Delphine, l’ancienne propriétaire du Club des Marsouins, celui de mon enfance, vendait. J’ai sauté sur l’occasion. Elle a bien entendu accepté de suite. La boucle allait être bouclée et après y avoir fait mes premiers pas, je reprenais ce club de plage.
Mais je voulais y apporter quelque chose de nouveau, quelque chose qui ne se faisait pas encore dans le coin. J’avais la volonté de monter un projet atypique, qu’il soit aussi utile aux enfants qu’aux parents. Reprendre le club de plage ne me suffisait pas, je souhaitais mettre de la pédagogie et les sensibiliser à l’environnement qui les entoure, avec des activités de ramassage des déchets, de sensibilisation du milieu, celui du poste de secours.
Et surtout, je voulais l’adapter à un maximum d’enfants sans distinction et donc ça passait par le handicap et il était naturel d’appeler Quentin.
BAG : Pourquoi il était naturel d’appeler Quentin ?
ML : Déjà on se connaît depuis un bout de temps et je connais son tempérament de fonceur. Lorsque vous lui avez demandé de se présenter, je l’ai bien reconnu, le genre de personne qui ne veut pas en mettre plein les yeux. Mais il aurait pu vous dresser la liste de ses formations et diplômes et notamment ceux liés au handicap, les 2 cités vont déjà au-delà des prérogatives pour reprendre le club.
BAG : Il faut quoi au final pour monter un club de plage ?
ML : Un BNSSA suffit. On vient de l’obtenir auprès du club de sauvetage d’Arcachon, au passage merci à Jac, le préparateur et président de cette association, mais les diplômes de Quentin vont nous permettre d’aller plus loin et de mettre en place tout ce que je souhaitais faire.
BAG : Vous pouvez nous présentez l’équipe ?
QR : On commence par la benjamine de l’équipe, Loana qui fait l’école des beaux-arts à Limoges. On va donc pouvoir proposer des ateliers basés sur l’art, le but étant de travailler avec son corps, avec sa tête mais aussi avec ses petites mains.
Sarah, notre maître-nageuse mais pas que. Sa pédagogie est bien différente de ce que nous avons connu jusque-là. Un enfant a besoin de prendre du plaisir pour apprendre, et c'est pour cela que ses cours de natation seront axés sur le jeu, pour que les enfants puissent apprendre en s'amusant. Son expérience auprès des enfants, elle l’a forgé à travers son travail de psychomotricienne au CHU de bordeaux mais également dans une association, Guyenne HandiNages, où elle a à cœur de développer l'accessibilité pour tous. Elle a l’expérience de tous les enfants et s’est donnée comme challenge que tout le monde apprenne à nager. Un challenge avec des valeurs qui nous correspondent bien. C'était donc évident que Sarah devait rejoindre notre équipe pour nous aider dans l'accueil des enfants en situation de handicap, aussi bien sur le club que pour les cours de natation.
Puis Mathieu et moi bien entendu. On va dire, un peu les hommes à tout faire, mais on essaiera de se focaliser sur le sport.

BAG : On a bien compris que si on vient au club on a de grande chance d’apprendre à nager mais on n’y passe pas toute sa journée ?
QR : Non, bien entendu. Comme Mathieu vous l’a dit, on a une véritable envie que les enfants repartent de chez nous avec autre chose qu’un moment passé à jouer, même si cela correspondra à une grosse partie de la journée. On insiste un peu sur l’apprentissage de la natation car c’est une de nos grandes nouveautés. Cela fasait plusieurs années qu'il n'y avait plus de cours de natation et c'était très important pour nous de les reprendre. On va donc proposer plein d’autres activités comme le paddle, des ateliers sur l’environnement, regarder le milieu dans lequel on est. Le Club de Sauvetage viendra également nous faire des démonstrations, le club de hand lui, nous fera découvrir le Beach handball. On aura aussi des activités autour des JO, d’ailleurs on pourrait avoir une super surprise, mais on préfère rester discret tant qu’on n’est pas sûr… On n’a pas fini d’avoir des idées…
BAG : Au final on dépasse le traditionnel club de plage, du coup pourquoi ce genre de structure ?
ML : Ma première motivation était de reprendre ce club mythique. Je suis né sur cette plage, j’ai appris à nager sur cette plage et c’était enfoui en moi depuis longtemps. Je suis fier que ce club revienne dans le giron familial. Imaginez-vous, après avoir gambadé partout, fait mes premières armes, je réalise presque un rêve. C’est vrai que dans ma tête je voulais faire quelque chose de différent, avec plein d’activités ludiques et d’autres moins, tout ce qu’on va proposer. Je pense qu’on restera un club de plage dans lequel on apprendra autre chose que nager.
QR : J’ai moins ce côté affectif que Mathieu, moi je sais que je suis un entrepreneur, j’ai besoin de ça. Ce que me propose Mathieu, je le fais depuis trois ans pour les autres à travers le CAP 33 mais surtout, j’avais envie de mettre ma patte, que ce soit dans la façon de faire les activités et avec qui, et bien entendu surtout envers les enfants en situation de handicap. j’ai de suite dit oui car ça correspondait à 200% à ce que je me voyais faire dans un avenir très proche.
BAG : Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?
QR : Pour commencer, un été plein de soleil.
ML : Si je devais avoir un souhait, que tous les petits « Marsouins » repartent du club avec autant de bons souvenirs que j’ai pu m’en fabriquer à leur âge, quel que soit le temps passé avec nous. Qu’ils soient heureux d’être venus nous voir et conservent des traces de nos valeurs partagées sur l’environnement par exemple ou le secours aux autres.
QR : Si je peux rajouter une chose importante, ne plus jamais laisser un enfant nous regarder parce qu’il n’a pas la possibilité de nous rejoindre.
Et on sait que le handicap est un frein, il peut empêcher certaines familles de venir voir la mer. Nous espérons qu’ils nous confieront leur bambin pour leur faire goûter l’eau.
Club de plage de 3ans à 14ans ouvert du lundi au samedi de 9h à 19h
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