Les lunetters de JP
L’endroit est un peu à l’écart du centre-ville, l’intérieur est atypique, le boss est atypique, bref, bienvenue dans un magasin d’optique différent.
BAG : Bonjour, avant de nous éclairer sur votre concept, pouvez-vous vous présenter ?
JPR : Je m’appelle Jean Philippe Richard, j’ai 41 ans, je suis un produit du sud-ouest mais pas originaire du bassin et je suis dans la région depuis 2016.
J’ai exercé divers métiers, du BTP à la vente pour les pros ou les particuliers, en magasin ou à domicile. J’ai décidé de reprendre mes études il y a une quinzaine d’années, dans le domaine de l’optique, mais sans véritable vocation au départ. J’ai commencé par un BEP monteur vendeur, puis un BTS OL (opticien lunetier), j’ai rajouté 2 années afin de me spécialiser dans les examens de vue et le façonnage (fabrication des lunettes, on part d’une plaque et on dessine une monture) pour lequel je n’ai pas encore eu l’occasion de pratiquer. Tout cela avec une volonté d’amener un maximum de services en plus, pour ne pas être seulement un vendeur de lunettes.
BAG : Du coup vous commencez votre deuxième vie à quel âge ?
JP : Je cherchais un métier, plutôt tourné vers le paramédical, dans lequel je pouvais associer le conseil et trouver la meilleure solution pour le client. La satisfaction du travail utile me séduisait, j’avais envie aussi de faire un métier empreint de la notion de rendre service. J’avais 30 ans et au lieu de me trouver un CDI pépère, j’ai effectué des remplacements pendant 3, 4 ans. Le point positif c’est que j’ai pu piocher dans chacun des endroits où je suis passé les bonnes idées et me faire une vue d’ensemble du métier, que ce soit chez les franchisés ou les indépendants.
L’idée n’est pas tant de vendre mais surtout de conseiller, il ne faut pas oublier que nous sommes des professionnels de la santé et que nous devrions tous avoir envie de faire en sorte que les personnes qui viennent nous voir repartent avec une solution adaptée à leur budget.
BAG : C’est là que vous arrivez sur le bassin d’Arcachon.
JP : Non, pas tout à fait. J’étais sur Toulouse et je me suis fait débaucher pour intégrer un magasin d’une enseigne nationale sur Lesparre Médoc. Ensuite, direction Pessac, toujours dans la même enseigne et le même patron. Puis je change d’enseigne et je vais faire quelques remplacements courts, sans grands intérêts, sauf que j’effectue le dernier au sein du magasin de la Teste dans lequel nous nous trouvons, qui au départ était au nom d’une franchise nationale leader sur le marché. On va me proposer de racheter le magasin, je vais accepter, mais en sortant de la franchise, car mon but est de rester indépendant pour proposer mes choix et surtout faire un travail que je considère plus qualitatif. Le magasin, sous l’enseigne Les lunettes de JP voit le jour le 1er janvier 2022 et on peut dire aujourd’hui que c’est plutôt pas mal. Toute l’année j’arrive à maintenir une offre avec 3 paires (voir conditions en magasin), nous proposons plus de 3000 montures au choix, et même si nos clients trouvent notre gamme très étendue, je pense que nous pouvons faire mieux, il n’y en a jamais assez.
BAG : Le travail est-il le même chez un franchisé que chez un indépendant ?
JP : Pas tout à fait, le travail reste plus intéressant chez un indépendant, avec beaucoup plus de latitude et de liberté, dans le sens ou l’opticien applique son propre savoir-faire. Le franchisé est souvent marié avec des marques et du coup il a moins de possibilités, le travail est différent, même entre franchisés.
BAG : Parlez-nous de votre travail personnalisé.
JP : Effectivement, toutes ces années m’ont donné l’envie de faire un vrai travail personnalisé, car au final, chaque personne est différente et vraiment je n’ai qu’un seul but, celui de découvrir les besoins de la personne qui entre dans mon magasin, et lui trouver la solution la plus adaptée.
Chaque montage est travaillé individuellement, je me fais force de trouver les solutions les plus esthétiques possibles en tenant compte des problématiques de chacun et beaucoup de choses sont faites à la main. Vraiment, on essaie d’arranger au mieux les personnes qui franchissent la porte même si nous ne sommes pas des magiciens mais si on peut, on fait !! et on peut dire qu’une de nos grosses différences est que toute l’année nous proposons jusqu’à 2 paires de lunettes en plus à partir de 1euro donc vous repartez avec 3 paires (voir les conditions en magasin)
La phrase ici que j’ai envie d’écrire sur les murs est : « Trouver le produit qui convient, dans le budget de chacun »
BAG : Comment ça se passe si je décide de pousser la porte de votre magasin ?
JP : Bien, souvent même très bien, (rire). Plus sérieusement, on propose une vérification des paramètres donnés par l’ophtalmo sur son ordonnance, avec un matériel quasi similaire, pour voir s’il n’y a pas eu de changement entre le moment de votre consultation et celui où vous arrivez chez nous, on voit des fois des ordonnances qui sont restées dans un placard très très longtemps.
On propose toujours de faire un test avec les corrections de l’ordonnance pour que la personne se rende compte des améliorations mais surtout on lui propose d’affiner la correction avec des verres d’essais et là, comme par magie, on entend souvent « wow, ah oui là c’est très bien »
BAG : Depuis le début de votre carrière à aujourd’hui, avez-vous perçu des changements ?
JP : La législation a complètement changé, le 100% santé depuis 2020 a changé la donne. Les mutuelles par contre remboursent moins qu’avant, du coup ça renforce mon concept de tenter de trouver le bon produit au bon prix. Beaucoup de personnes pensent qu’un indépendant est forcément plus cher et bien je dirais, bien au contraire, puisque je suis capable d’aller chercher le fournisseur qui me semble avoir le meilleur produit rapport qualité prix. D’ailleurs petite précision, nous travaillons avec toutes les mutuelles et nous faisons l’avance des frais.
BAG : Comment vous voyez-vous dans 10 ans, comment voyez-vous évoluer votre métier ?
JP : Je ne changerai rien, ah si !! juste une personne supplémentaire pour pouvoir prendre des vacances. Je sais bien que je ne ferai jamais fortune mais je vex garder mon concept de magasin dans lequel les clients repartent en se disant « mais qu’ils sont sympathiques et compétitifs »
En ce qui concerne mon métier je suis moins enthousiaste, nous avons de plus en plus de contraintes, l’uniformisation qui s’installe ne me semble pas être un point positif pour les clients, mais c’est comme pour tout malheureusement, on voudrait que tout le monde fasse la même chose.
On tend de plus en plus à ce que les personnes aient le même matériel, telle correction va avec tel verre, sans tenir compte des besoins et envies de chacun, alors que nous pouvons faire tellement différemment, mais cela demande un peu plus d’effort.