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à la rencontre de Sabine Lunog

Le magazine que faire bassin d’Arcachon est allé à la rencontre d’une personne connue pour son travail d’écriture. Pour ceux qui lisent la presse et les magazines du Bassin d’Arcachon, Sabine Luong est une signature qui n’est pas inconnue. Voilà trois ans qu’elle s’est lancée dans l’écriture de biographies afin que les personnes puissent laisser en héritage familial, un livre patrimonial.

Magazine que faire bassind’Arcachon : Bonjour Sabine, comment passe-t-on de l’écriture d’articles de presse à des biographies familiales ?

Sabine Luong : J’ai eu des récits de vies incroyables au cours de mes reportages qui me poussaient à dire à mes interlocuteurs d’écrire leurs mémoires tant leur histoire me semblait passionnante et instructive. Souvent il m’était répondu : « J’aimerai bien mais j’en suis incapable. » L’idée de les aider à le faire, a germé dans mon esprit. C’est pendant le confinement alors que, comme beaucoup d’entre nous, je réfléchissais à la vie, qu’une chose claire m’est apparue : Le devoir de mémoire est essentiel pour ne pas reproduire les erreurs. Je pensais à cette phrase d’Amadou Hampâté Bâ : « Quand un vieillard meurt c’est une bibliothèque qui brûle, » emportant avec lui toutes ses expériences, ses savoirs, ses points de vue. Quel gâchis ! Alors je me suis mise à leur service pour devenir ce que j’appelle « biographe de héros ordinaires. » On n’a pas besoin d’être célèbre pour raconter sa vie. Lire la voix des anciens, enseigne sur les origines familiales. Pour la descendance c’est un témoignage précieux. Je suis totalement d’accord avec Otto Von Bismarck lorsqu’il dit : «Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va. »

Que faire bassin d’Arcachon : Comment tu procèdes ?
Sabine luong : Le 1er rendez-vous est toujours gratuit car il faut que le courant passe des deux côtés. Chaque partie s’autorise à ne pas travailler ensemble ou à arrêter à n’importe quel moment. Tout ce qui a déjà été écrit appartient au client. Je fais des entretiens d’une heure avec mon dictaphone pour avoir le vocabulaire de celui qui raconte. C’est son livre, ses mots, je ne fais que les retranscrire en un récit fluide et ordonné. Une heure d’entretien équivaut à 5 à 6 h de retranscription. Au rendez-vous d’après, j’amène mon travail et la personne doit le relire, apporter des modifications ou des précisions qu’il me confie au rendez-vous d’après, et on avance ainsi. Pour une biographie il faut entre 6 et 10 rendez-vous. Après, soit on choisit les photos ensemble et je fais la mise en page du livre soit la famille s’en charge.

Que faire Bassin d’Arcachon : Quels sont les bienfaits pour celui qui écrit sa biographie ?
Sabine Luong : Quand j’étais étudiante en Psycho-Sociologie, la phrase d’une enseignante m’a interpellé : « Ce qui est exprimé à haute voix ou par écrit ne peut plus être néfaste à l’intérieur de soi puisque cela devient conscient. » Il y a un effet thérapeutique, beaucoup d’émotions à parler de soi ou à écrire sa vie. Surtout, la personne se rend compte du chemin parcouru. De plus, je travaille plutôt avec des personnes âgées, ce qui rompt en même temps leur isolement. Que quelqu’un s’intéresse à elles, leur redonne confiance. J’ai vu de la fierté dans les yeux de mes héros ordinaires lorsqu’ils sont face au livre de toute une vie. Cela leur fait prendre pleinement conscience de qui elles sont au travers de tous leurs actes. Il y a comme un regain de vie après.

Que faire bassin d’Arcachon : Est-ce la personne qui fait sa biographie qui te contacte ou leur descendance ?
Sabine Luong : Il y a ceux qui veulent laisser une trace à leur famille et puis il y a les enfants et petits-enfants qui sont désireux de recueillir les mémoires des parents avant qu’il ne soit trop tard. Dès fois c’est un peu trop tard, Alzheimer faisant pas mal de dégâts. Mais au moins les vieux souvenirs sont sauvés, même si les dates laissent à désirer. Certains parents ne comprennent pas la demande de leurs enfants, trop pudiques, ou humbles. Il faut parfois du temps pour qu’elles se décident à passer le pas. Mais à chaque fois, personne ne regrette.

Et toi, qu’est-ce que cela t’apporte de coucher les mémoires des anciens ?
Sabine Luong : Déjà, j’adore leur compagnie, qu’ils se confient à moi. J’apprends énormément de choses sur l’histoire avec un grand H, les lieux où ils ont vécu, leurs personnalités préférées, les évènements sociétaux qui les ont marqués. Mais surtout, je mesure l’importance de cette tâche lorsque la personne disparaît. J’ai alors la sensation d’avoir sauvé beaucoup de livres et d’avoir participé au devoir de mémoire. Et ça, c’est très gratifiant pour moi !

Sabine Luong
Tel : 06 07 35 32 54
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Facebook : Sabine Luong Pro

 

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